Déesse déchue

17 décembre, 2006

Mes regrets

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 16:29

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Inutile de te lever pour m’écouter
Navré de te déranger une si belle soirée
Ta robe de mariée est faite pour épouser
Mes regrets, mes regrets

Ne crains rien de moi je ne troublerai pas
Ton bonheur qui commence où finit ma joie
Vraiment je n’savais pas qu’en un soir on pouvait…
Mais à quoi bon, à quoi bon…

A quoi bon te dire que la vie n’est possible qu’avec toi
Tu ne m’écoutes pas
Tu n’me vois pas
Comme tu es loin déjà

Si une heure un soir on pouvait se revoir
J’ai dit des mots stupides et vides d’espoir
Il faut me pardonner je ne m’suis pas encore…
Habitué, habitué

Il faut dire que tout change si rapidement
Je dois fermer les yeux pour te voir comme avant
Non non ne parles pas
En moi j’entends ta voix comme avant, comme avant

Elle me dit des mots cette voix
Comme c’est loin tout ça
Mais parles, fais quelque chose ne me laisse pas
M’en aller comme ça

Navré d’avoir dérangé une si belle soirée
Je suis venu avant tout pour te demander
Non pas de revenir, seul’ment de n’pas sourire
Sourire, ne pas sourire

Michel Polnareff

4 décembre, 2006

La première fille

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 15:39

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J’ai tout oublié des campagnes
D’Austerlitz et de Waterloo
D’Italie, de Prusse et d’Espagne
De Pontoise et de Landernau

Jamais de la vie
On ne l’oubliera
La première fille
Qu’on a pris dans ses bras
La première étrangère
A qui l’on a dit « tu »
Mon cœur, t’en souviens-tu ?
Comme elle nous était chère
Qu’elle soit fille honnête
Ou fille de rien
Qu’elle soit pucelle
Ou qu’elle soit putain
On se souvient d’elle
On s’en souviendra
De la première fille
Qu’on a pris dans ses bras

Ils sont partis à tire-d’aile
Mes souvenirs de la Suzon
Et ma mémoire est infidèle
A Julie, Rosette ou Lison

Jamais de la vie
On ne l’oubliera
La première fille
Qu’on a pris dans ses bras
C’était une bonne affaire
Mon cœur, t’en souviens-tu ?
J’ai changé ma vertu
Contre une primevère
Que ce soit en grand’ pompe
Comme les gens « bien »
Ou bien dans la rue
Comme les pauvres et les chiens
On se souvient d’elle
On s’en souviendra
De la première fille
Qu’on a pris dans ses bras

Toi qui m’a donné le baptême
D’amour et de septième ciel
Moi, je te garde et, moi, je t’aime
Dernier cadeau du Père Noël

Jamais de la vie
On ne l’oubliera
La première fille
Qu’on a pris dans ses bras
On a beau faire le brave
Quand elle s’est mise nue
Mon cœur, t’en souviens-tu ?
On n’en menait pas large
Bien d’autres, sans doute
Depuis sont venues
Oui, mais entre toutes
Celles qu’on a connues
Elle est la dernière
Que l’on oubliera
La première fille
Qu’on a pris dans ses bras

Georges Brassens

29 novembre, 2006

La grasse matinée

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 15:58

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II est terrible
Le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim

Elle est terrible aussi la tête de l’homme
La tête de l’homme qui a faim
Quand il se regarde à six heures du matin
Dans la glace du grand magasin
Une tête couleur de poussière

Ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde
Dans la vitrine de chez Potin
Il s’en fout de sa tête l’homme
Il n’y pense pas
Il songe
Il imagine une autre tête
Une tête de veau par exemple
Avec une sauce de vinaigre
Ou une tête de n’importe quoi qui se mange
Et il remue doucement la mâchoire
Doucement
Et il grince des dents doucement
Car le monde se paye sa tête
Et il ne peut rien contre ce monde
Et il compte sur ses doigts un deux trois
Un deux trois

Cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé
Et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
Ça dure
Trois jours
Trois nuits
Sans manger
Et derrière ces vitres
Ces pâtés ces bouteilles ces conserves
Poissons morts protégés par les boîtes
Boîtes protégées par les vitres
Vitres protégées par les flics
Flics protégés par la crainte
Que de barricades pour six malheureuses sardines…

Un peu plus loin le bistro
Café-crème et croissants chauds
L’homme titube
Et dans l’intérieur de sa tête un brouillard de mots
Un brouillard de mots
Sardines à manger
Oeuf dur café-crème
Café arrosé rhum.
Café-crème
Café-crème
Café-crime arrosé sang !…

Un homme très estimé dans son quartier
A été égorgé en plein jour l’assassin le vagabond lui a volé
Deux francs
Soit un café arrosé
Zéro franc soixante-dix deux tartines beurrées
Et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

Il est terrible
Le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim.

Jacques Prévert

23 novembre, 2006

Les filles seules

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 15:47

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Les filles seules
Elles habitent avec des copines, les filles seules
Parlent des plats qu’elles se cuisinent, elles s’engueulent
À propos de choses anodines qui les agacent
Elles dorment avec des pyjamas très confortables
Elles ont l’horaire du cinéma dans un cartable
Où elles se font aussi des listes interminables
Les filles seules
Elles rêvent pourtant d’aventures et de voyages
De promenades sans chaussures le long d’une plage
Mais dans le fond d’une cabine d’essayage
Un ventre rond sous un maillot les décourage
Elles passeront juillet dans leur deuxième étage
Elles n’ont pas toujours l’air plus jeune que leur âge
Les filles seules
Elles ont de l’humour à revendre et elles rigolent
Y a même des jours où on s’demande si elles sont folles
Elles ont des drôles d’habitudes de vieilles filles
Elles exagèrent un peu chaque fois qu’elles s’maquillent
Se trouvent de nouveaux défauts, de nouvelles rides
Tellement les pauvres filles seules s’examinent
Elles magasinent
Les jeudis, vendredis, samedis soir, elles décident
Du prochain film qu’elles iront voir, elles s’obstinent
Contre celle qui connaît l’histoire et qui la raconte
Et pendant ce temps-là, elles ne se rendent plus compte
Qu’elles se sentent seules jusqu’au bout des ongles
Et que cette maudite solitude leur fait honte
Les filles seules
Elles rêvent pourtant d’aventures et de voyages
De caresses et d’amour et même de mariage
Mais pour les hommes, elles sont plutôt difficiles
Les filles seules ont fini de croire aux idylles
L’amour qu’elles veulent court pas toujours les rues de leur ville
On peut bien les entendre dire que c’est une chance
Que pour les enfants, elles n’auraient pas la patience
Dès qu’elles ont un pied dans le parc, il faut les voir
Pendant des heures, faire danser les balançoires
Et revenir la larme à l’œil et le cœur triste
Malgré les airs déterminés, elle se trahissent
Les filles seules sont souvent les plus romantiques
Les filles seules
Elles habitent avec des copines
Les filles seules
Parlent des plats qu’elles se cuisinent
Elles conservent
Scellé avec de la paraffine
Un cœur de rêve

Paroles et musique : Lynda Lemay

20 novembre, 2006

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 15:55

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La Camarde qui ne m’a jamais pardonné,
D’avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d’un zèle imbécile.
Alors cerné de près par les enterrements,
J’ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.

Trempe dans l’encre bleue du Golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et de ta plus belle écriture,
Note ce qu’il faudrait qu’il advint de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord,
Que sur un seul point : la rupture.

Quand mon âme aura pris son vol à l’horizon,
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes.
Que vers le sol natal mon corps soit ramené,
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,
Terminus en gare de Sète.

Mon caveau de famille, hélas ! n’est pas tout neuf,
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf,
Et d’ici que quelqu’un n’en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux,
Dire à ces braves gens : poussez-vous donc un peu,
Place aux jeunes en quelque sorte.

Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus,
Creusez si c’est possible un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche.
Auprès de mes amis d’enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la plage de la corniche.

C’est une plage où même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie : « Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut, le vin et le pastis d’abord,
Chacun sa bonbonne et courage ».

Et c’est là que jadis à quinze ans révolus,
A l’âge où s’amuser tout seul ne suffit plus,
Je connus la prime amourette.
Auprès d’une sirène, une femme-poisson,
Je reçus de l’amour la première leçon,
Avalais la première arête.

Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi l’humble troubadour sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne.
Et qu’au moins si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n’en déplaise aux autochtones.

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l’eau,
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable.
Les baigneuses s’en serviront de paravent,
Pour changer de tenue et les petits enfants,
Diront : chouette, un château de sable !

Est-ce trop demander : sur mon petit lopin,
Plantez, je vous en prie une espèce de pin,
Pin parasol de préférence.
Qui saura prémunir contre l’insolation,
Les bons amis venus faire sur ma concession,
D’affectueuses révérences.

Tantôt venant d’Espagne et tantôt d’Italie,
Tous chargés de parfums, de musiques jolies,
Le Mistral et la Tramontane,
Sur mon dernier sommeil verseront les échos,
De villanelle, un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane.

Et quand prenant ma butte en guise d’oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller,
Avec rien que moins de costume,
J’en demande pardon par avance à Jésus,
Si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus,
Pour un petit bonheur posthume.

Pauvres rois, pharaons, pauvre Napoléon,
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,
Pauvres cendres de conséquence,
Vous envierez un peu l’éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.

Vous envierez un peu l’éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la plage en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.

Georges Brassens

19 novembre, 2006

Je t’aime à en crever

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 23:21

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Oh oui je t’aime, je t’aime à en crever
… tes pneus pour que tu restes là.

Je n’aime que toi, je t’aime à en pleurer.
Mes yeux ne jurent que par toi.

Et ils s’embuent de trop d’amour,
et quand j’ai bu,ils se font lourds.
Et mes paupières se ferment alors,
et je m’endors à mon malheur.
Mes rêves m’éloignent loin de ton corps,
j’ai peur de perdre ton odeur.
Et même si je te serre très fort,
je ne peux m’empêcher d’avoir peur.
Où est ton corps lorsque tu dors,
Où Est Ton Coeur !

Oh oui je t’aime, je t’aime à en crever
… tes pneus pour que tu restes ici.

Je n’aime que toi, je t’aime à te graver sur moi,
de peur que tu t’enfuies.

Et je n’en ai jamais assez,
je crie ton nom,je le tatoue.
Sur le mollet, derrière le cou.
tu es mon piercing,mon venin.
Je te dessine sur mes seins,
mon corps est comme un mausolée
A ta mémoire, car si tu meurs,
tu vis en dessins sous les pores
De ma peau fine et sur mon coeur,
Sur Mon Coeur !

Oh oui je t’aime, je t’aime comme un diamant
…scintillant d’une amoureuse ardeur.

Je n’aime que toi, mais tu prends l’air méfiant
… pourquoi tu dis que je te fais peur ?

Alors que moi je…
Je t’aime, je t’aime à en crever
… tes pneus, pour pouvoir te garder.

Anaïs 

16 novembre, 2006

Les meilleurs ennemis

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 20:58

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Les meilleurs ennemis du monde
Voilà ce que nous sommes
Amorce de sourires et de bombes
Et du mal qu’on s’donne

C’est toi contre moi
On s’y retrouve
On s’y perd
C’est toi contre moi
On se révolte
On se soumet
Mets-toi contre moi
La guerre encore
On s’y fait
Mets-toi contre moi
Pourvu qu’on reste

Les meilleurs ennemis du monde
Et tant pis si on l’est
Le mariage du ciel et de l’ombre
Je te hais comme tu es

C’est toi contre moi
On s’y retrouve
On s’y perd
C’est toi contre moi
On se révolte
On se soumet
Mets-toi contre moi
La guerre encore
On s’y fait
Mets-toi contre moi
Pourvu qu’on reste

Le détour
Quand tu prends de l’avance
{… ennemis}
Le discours
Quand tu veux le silence
{… ennemis}
La corde à ton arc
La corde à ton cou
Fidèle envers et contre nous

Les meilleurs ennemis

C’est toi contre moi
Et moi contre toi
C’est toi contre moi
On se retrouve
On se perd
Et toi contre moi
On se révolte
On se soumet
Mets-toi contre moi
La guerre encore
Je te promets
Mets-toi contre moi
Qu’on restera

Les meilleurs ennemis

Paroles: Zazie
Musique: Jaconelli, Obispo, Zazie  

15 novembre, 2006

Et dans 150 ans

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 15:56

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Et dans 150 ans, on s’en souviendra pas
De ta première ride, de nos mauvais choix,
De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d’armes,
Des types qui votent les lois là bas au gouvernement,
De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,
Du temps qui avance, de la mélancolie,
La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,
Et de l’amour blessé et de tout ce qu’on nous roule,
Alors souris.

Dans 150 ans, on s’en souviendra pas
De la vieillesse qui prend, de leurs signes de croix,
De l’enfant qui se meurt, des vallées du tiers monde,
Du salaud de chasseur qui descend la colombe,
De ce que t’étais belle, et des rives arrachées,
Des années sans sommeil, 100 millions de femmes et
Des portes qui se referment de t’avoir vue pleurer,
De la course solennelle qui condamne sans ciller,
Alors souris.

Et dans 150 ans, on n’y pensera même plus
A ce qu’on a aimé, à ce qu’on a perdu,
Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues !
Finir tous dans la terre, mon dieu ! Quelle déconvenue.
Et regarde ces squelettes qui nous regardent de travers,
Et ne fais pas la tête, ne leur fais pas la guerre,
Il leur restera rien de nous, pas plus que d’eux,
J’en mettrais bien ma main à couper ou au feu,
Alors souris.

Et dans 150 ans, mon amour, toi et moi,
On sera doucement, dansant, 2 oiseaux sur la croix,
Dans ce bal des classés, encore je vois large,
P’t'être qu’on sera repassés dans un très proche, un naufrage,
Mais y a rien d’autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j’aurai le mal de toi,
Mais y a rien d’autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j’aurai le mal de toi,
Mais que veux-tu ?…

Raphaël

13 novembre, 2006

Qu’est-ce que t’es belle

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 19:55

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J’me sens pas belle
Quand tu marches, tu marches vers moi.

Qu’est-ce que t’es belle
Quand tu penses, tu penses à toi.

J’me sens pas belle
Quand tu sais que je sais pas.

Qu’est-ce que t’es belle
Quand tu dis, tu dis je crois.

J’me sens pas belle
Quand tu ris, tu ris de quoi?

Qu’est ce que t’es belle
Quand tu doutes, tu doutes de toi.

Refrain:
Le soleil est là, le soleil est là, aide-moi.
Le soleil est là, cache -toi dans mes bras.

J’me sens pas belle
Quand tu parles, tu parles de quoi?

Qu’est ce que t’es belle
Quand t’as peur t’a peur de toi.

J’me sens pas belle
Quand tu rêves tu rêves à quoi?

Qu’est-ce que t’es belle
Quand tu penses, tu penses à moi

 Marc Lavoine & Catherine Ringer

9 novembre, 2006

Quand la bouteille est vide

Classé sous Mon recueil de poésie — deessedechue @ 16:26

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Quand la bouteille est vide
Je craque une allumette
Et la bouteille vide
Se remplit de lumière

Jean-Jacques Goldman

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